WWW.WITHTHIS.NET/GOCCC

 

CCC Workshop

Document
>Dialog between Daniel Buren and Jean Nouvel (excerpts)
>Begins with English Summary by Aurelie

Document
>Final text - English Summary by Aurelien

Document
>Final text (French)

Document
> Rapprochement entre l'École supérieure des beaux-arts
et la Haute école d'arts appliqués de Genève
Rapport du groupe de travail

> Begins with English Summary by Aurelien

Document
> A PROPOS D'UN RAPPROCHEMENT ENTRE L'ESBA ET LA HEAA
>Begins with English Summary by Aurelien

Document
>Dialog between Daniel Buren and Jean Nouvel (excerpts)
>Begins with English Summary by Aurelien

Transcript
>Session 3, Aurelien

Transcript
>Session 1, All members

In this dialogue between Daniel Buren and Jean Nouvel, they speak about some of the relations between art and architecture. Buren says the museum (for contemporary art) cannot be really considered as a public space because it has become the space of a specialised discourse. Nouvel says he hopes art and architecture can be one day reconciliated, and that this could be possible today not on an esthetic but on a conceptuel level. He's "dreaming" of architecture being an ally for art in the public space, for art escaping the "little white boxes" of some big museums that use more money as building and structure than art himself.

Then Buren says he doesn't think that artworks made for museum can be displaced easily in a public space, because of this specialised discourse that is then no more the context. He has often been shocked by the way artists in museums speak to other artist with their work.

To the question: What would be a good direction for art teaching?, Buren says he doesn't have a good opinion about art teaching, and that he think it is probably impossible. The problem is that it should be made well before (to much younger students), to be able learn how to look and what is the specific relation between the seing and the thinking, in a way that would become as natural and basic as learning how to read or how to count. The rest is like putting a wooden leg in plaster...

Extrait n°1

Daniel Buren : [...] Le musée permet tellement de liberté qu'il est intéressant pour ça, parce que, justement, il y a un dialogue qui se fait. Mais ce dialogue, je crois, avec les années est devenu un dialogue de spécialiste. Il est vif, il est intéressant, il y a des gens qui regardent, mais je crois qu'il manque un peu d'oxygène. Et donc, la possibilité - qui est très rare comme tu le sais - de pouvoir faire des choses qui ne sont pas ... des gestes que l'on fait en dix secondes, mais qui impliquent une plus grande difficulté, et qui ne sont pas dans cette sphère extrêmement bien contrôlée et en même temps très libre - à partir du moment où on y est invité... est une chance d'oxygène. Il faut se re-battre avec des contraintes qui semblent avoir été toutes éliminées et avoir laissé la place - comme on l'entend souvent dans les musées - à un échange complètement pur de recherche.

Jean Nouvel : Moi j'aimerais bien qu'on puisse parler de la relation art-architecture telle qu'elle s'est passée ces dernières années comme on a pu l'évoquer. J'ai l'espoir que l'art et l'architecture qui ont été irrémédiablement brouillés il y a un siècle environ puissent à nouveau se retrouver, parce que tout le monde a besoin de cet oxygène là. C'est-à-dire que si on continue dans la muséomania, on va avoir toute une série de petites boîtes blanches avec de petites choses collectionnées dedans, comme dans des tiroirs, qui vont plus ou moins se craqueler, se flétrir.
[...]
Un travail comme le tien tendrait à prouver que finallement l'œuvre pourrait exister en relation avec un contexte. Moi je dis qu'il doit y avoir maintenant, si on veut que l'œuvre sorte du musée et entre dans la vie (ce qui ne veut pas dire qu'il ne doit pas y avoir de musées), il faut qu'on trouve une articulation dans les modes de pensées et une synergie. C'est-à-dire qu'il faut que l'architecture puisse être le réceptacle idéal à un travail artistique. Et il faut, dans l'autre sens, que l'art puisse approfondir, à un certain moment, des concepts qui sont d'ordres architecturaux. Avec d'autres moyens, c'est ce qui s'est passé à d'autres siècles, où finalement l'art et l'architecture, dans un code tout-à-fait établi, avaient leur place. Dans une complémentarité.
[...]
Est-ce qu'on peut retrouver une articulation comme celle-là ?, qui ne sera pas de même nature, mais je dis que cette articulation doit être conceptuelle. C'est-à-dire qu'il y a deux possibilités : Ou un architecte et un artiste peuvent avoir un concept, en général c'est l'architecte qui est en amont donc c'est lui qui a un concept "général", auquel peut s'articuler un concept artistique, mais il n'y a pas de conflit entre les deux. [...] Il y a l'autre possibilité : C'est qu'on arrive à ce que des artistes face à des espaces ou des objets qui impliquent la présence d'un architecte et que l'architecte se mettent au service du concept de l'artiste. Je crois que les deux attitudes peuvent être possibles, étant entendu que si on raffine après, il y a toute une série d'interférences artistiques - et là tu as bien ouvert le champs - qui peuvent être possibles dans le marquage de la ville, et qui sont liées à des parcours, qui sont liées à des signes. Et je crois que si on veut sortir du musée, si on veut sortir de certains investissements, que je juge stériles aujourd'hui parce que non sensitifs, c'est une voie à laquelle je commence à penser, alors qu'il y a quinze ans je n'y croyais pas.
[...]


Extrait n°2

Daniel Buren : [...] Elle ne peuvent pas [les œuvres] être sorties telles quelles du laboratoire, appelons-le musée. Par rapport au lieu public, à la place publique, le musée s'en démarque très précisément, puisqu'il y a cette spécialisation qui fait qu'un certain discours s'y fait. Dans le meilleur des cas, un discours de laboratoire justement. Si je veux pousser le bouchon un peu plus loin, je pense que les artistes dans un musée parlent aux autres artistes, et ça m'a souvent choqué de le constater.
Jean Nouvel : Tu trouves qu'il y a trop de musées ?
Daniel Buren : Disons que ça m'intéresse qu'il y ait beaucoup de musées depuis quinze ans, parce que la critique que je faisais au musée, le musée se l'est faite lui-même. Le musée a disparu, j'entends, le musée a perdu sa force de désignation.

Extrait n°3

Question à Daniel Buren sur sa vision de l'enseignement de l'art :
DB : Pour répondre en deux minutes, et pour ne pas seulement être très négatif parce que je n'ai pas une très bonne opinion de l'enseignement de l'art, et de toute façon je ne sais même pas si c'est possible. Ce qu'il y a de certain c'est que ça restera très compliqué, voir voué à des choses... pas très drôles ni pour les étudiants ni pour ceux qui ont le courage d'enseigner dans une école d'art... c'est complétement en amont qu'il faut prendre ça. C'est-à-dire qu'il faudrait qu'on apprenne à regarder, qu'on apprenne la sensibilité du regard, c'est-à-dire que les yeux et la pensée sont relié dans une relation très spéciale, qui n'est pas celle disons des yeux par rapport à la lecture. Et ça c'est quelque chose qui demande une mise, une remise en place de choses qui n'existent pas, à savoir que ça devrait commencer très jeune et ne pas s'arrêter en cours de route, et de la même façon qu'on apprend à lire plus ou moins bien, à compter plus ou moins bien, comme une chose naturelle et basique, soit fait cet effort là. Je pense que ceci n'existant pas, tout le reste c'est un peu de mettre un plâtre sur une jambe de bois.

 

back